Se construire un talus manuel
| Les grandes vagues de construction de talus datent de la deuxième moitié du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème. Les derniers talus construits manuellement l’on été au début des années soixante alors que déjà pointait la réorganisation rurale cartésienne. A l’origine, les talus étaient construits en mai-juin période ni trop sèche ni trop humide (normalement ! !). Ces talus étaient construits en mottes enherbées. Ces mottes sont des rectangles de terre cueillis sur de jeunes pâtures. Elles étaient découpées à l’aide d’une houe ou d’une tranche de cantonnier ; elles font 10 à 15 cm de large pour 20 à 30 cm de long et une dizaine de cm d’épaisseur. Ce ne sont là que des ordres de grandeur puisque chacun avait ses propres manières de faire ! De bonnes mottes doivent contenir l’herbe, son racinaire et la terre qui le recouvre. |
Schéma théorique de découpage de mottes sur une prairie. |
|
|
On obtient donc des « briques » végétales qui seront assemblées comme des briques minérales. Les règles de maçonnerie s’appliquent à la construction de ses talus. Il est important de croiser les mottes. Elles sont généralement posées horizontalement l’herbe vers le sol. Cette méthode permet de solidifier le talus puisque les vieilles racines vont se croiser avec les racines de la végétation nouvelle. Ainsi, un tramage naturel va se tisser. Le gabarit d’un talus manuel sera le même qu’un talus «mécanique » à savoir 2 m à la base et 1,45 m de hauteur. Ce trapèze est surmonté d’un dôme de terre végétal. Le cœur du talus est aussi constitué de terre végétale. |
|
Des variantes à cette méthode de construction existent. Les mottes peuvent être assemblée sur la tranche et verticalement. Certains « taluteurs » préfèrent mettre le côté enherbé vers le haut, d’autre recouvrent de mottes… Il n’existe pas une méthode définie, mais une multitude de techniques selon le savoir-faire de chacun. A l’époque il n’y avait pas d’école, et donc pas de modèle figé. Une fois le talus à bonne hauteur, il est important de tasser latéralement le talus à l’aide d’une pelle ou d’un manche. On peut éventuellement semer le talus comme pour une construction à la pelle mécanique. |
Vue en coupe d'un talus en mottes |